Les différentes formes d'engagement des résistants.
Dès la défaite de la France en 1940, une résistance s'organise. Elle est spontanée, individuelle, d'abord civile. Dans les premières actions, des résistants font évader dès l'été 1940 des prisonniers de guerre français. Les femmes y ont un rôle important: elles aident les évadés à se cacher dans les couvents, à les habiller, à les nourrir...
Autre exemple, lié à la désobéissance face à des exigences allemandes: comme les armes sont réquisitionnées par les Allemands, certains français les dissimulent. Ainsi, M. Jean Soury, résistant que nous avons eu la chance de recevoir dans notre collège, nous a évoqué la dissimulation d'un révolver par son père: "Un jour, je rentre à la maison. Mon père tient une arme dans sa main. Il me dit qu'il faut la cacher. Nous décidons de la cacher dans la grange sous le foin."
Les premier tracts sont mis en circulation aussi très vite. Ils sont destinés à soutenir le moral des populations, à les informer, et à recruter les bonnes volontés. La distribution des tracts était très dangereuse. Selon M. Soury, on risquait la prison, voire "la guillotine". Pour déjouer cela, les résistants salissaient les tracts et faisaient comme s'ils trouvaient une feuille abandonnée. Autre exemple, M. Soury partait en vélo tard le soir, déposait des tracts dans les foires qui ouvraient le lendemain. Il lançait aussi en vélo des tracts sur son passage.
A partir de la fin 1940, une 2ème forme de résistance apparaît. Celle-ci se tourne vers les armes et les sabotages. M. Martin, rencontré à la Maison du Souvenir de Maillé, nous a raconté qu'une fois, en rentrant un peu tard, en début de soirée, avec son père, ils ont croisés des hommes au bord de la voie ferrée. L'un d'eux leur a expressément demander de partir vite. Peu après, M. Martin se souvient d'avoir entendu une explosion.
Les résistants s'organisent par petits groupent, multiplient les tracts, les écrits et les publications clandestines plus ou moins régulières.
Voici le parcours d'un résistant qui nous a marqué par son engagement pionnier et son investissement ultérieur: l'Abbé Carlotti (voir sur ce blog la biographie de l'abbé) s’engage dans la Résistance, tend la main aux prisonniers évadés, participe activement à la constitution d’un réseau d’évasion pour les aviateurs alliés dont les avions ont été abattus. En 1942, il compte parmi les membres de la section Cohors-Asturies crée par Christian Pineau et Jean Cavaillès.
A partir de 1943, la résistance s'organise et s'unifie par le haut, au niveau régional et national. Jean Moulin, délégué du général De Gaulle en France, réunit les principaux représentants de la résistance au sein du Conseil national de la résistance, le 27 mai 1943 a Paris. En 1944, il y a une accélération des actions locales de Forces Françaises de l'Intérieurs (FFI). L'Allemagne entreprend une lutte a mort contre les Résistants qu'on appelle "les terroristes" (comme y fait référence ce billet trouvé près de civils à Maillé).
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| Billet retrouvé lors du massacre de Maillé le 25 août 1944 (affiché à la Maison du Souvenir). |
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