M. BARRIER: à travers son témoignage, qu'il a livré à plusieurs reprises dans notre collège, notamment en 2011, nous avons découvert un parcours précis d'engagement dans la résistance.
Mr
Barrier, en 1940-1941 :
- a 18ans;
- habite à côté d'Angers;
- a vu certains de ses camarades
arrêtés (militants syndicaux et militants politiques);
- se souvient du soulagement
dans la population en juin
1940, quand Pétain signe l’armistice;
- évoque les 1
500 000 prisonniers français;
- insiste sur une phrase clés dans sa volonté de devenir résistant:
« Il a fallu réveiller les esprits », en écrivant, en informant;
- ses premiers
écrits sont fait en douce, à l’imprimerie où il travaille: « La guerre n’est pas finie, on a des tickets d’alimentation, que
les Allemands n’ont pas respecté, ils mangeaient toutes les pommes de terre. » / « Il faudra se battre pour d’abord, obtenir un meilleur
ravitaillement, et puis ensuite se battre pour retrouver la
liberté . »
- n'aime pas le couvre-feu imposé par les Allemands dans la zone occupée qui l'empêche de retrouver
sa petite copine;
- a distribué des tracts: petits
papiers collés sur les gouttières ou sur les portes puis des tracts
et des textes pour expliquer
la situation et dire pourquoi la guerre continuait.
- petit
à petit, il s'engage dans la résistance avec les armes, à partir de
1941, mais c'était difficile de faire ce choix, car l’armée allemande faisait pression sur les civils en utilisant des otages en représailles.
- 1941,
Mr Barrier a failli être arrêté, il se cache à Paris;
- a tenté
de passer en Espagne pour rejoindre l’Afrique du Nord, mais se fait arrêter.
- En prison dans les Pyrénées;
- puis dans un camp
d’internement à Choiseul;
- puis il est déporté à Buchenwal, camp de concentration en Allemagne.
M. Soury nous a fait l'honneur de nous livrer son témoignage le 18 janvier 2018:
Jean Soury est devenu
résistant très jeune, à l’âge de 15 ans, d’abord comme agent
de liaison (« dans un pays sans liberté » où la
communication est nécessaire mais très compliquée).
Ses
actions de résistance ont eu lieu dans le Limousin (zone non
occupée). Il a notamment participé à la libération de Limoges,
d’Angoulême, de Saintes et de Royan (où il a été blessé).
Son
entrée dans la résistance est liée à son père, qui le 01/01/1941
a été contacté par d'autres résistants, du moins des personnes
qui voulaient faire quelque chose. Toutes ces personnes qui essaient
d'agir ne seront rassemblées, organisées qu'avec Jean Moulin et la
mise en place du CNR (conseil national de la Résistance).
Les
relations avec son père sont très froides, ils s'entendaient peu.
Un
jour donc, son père l'appelle. Sur la table de la cuisine est posé
un revolver avec des balles. Son père s'occupe de le graisser. Son
père lui explique qu'il faut cacher cette arme et que s'il lui
arrive quelque chose, quelqu'un viendra la chercher. Jean Soury lui
demande comment il saura à qui la donner, son père lui dit que la
personne qui viendra sera forcément cette personne à qui le donner.
L'arme
et les munitions sont cachées dans une boîte en fer, puis celle-ci
dans un bout de grange, sous de la sciure de bois. Toutefois,
quelques temps ensuite, l'adjudant de gendarmerie vient trouver son
père pour lui dire qu'il a été dénoncé, et la police de fait
vient et perquisitionne pile où c'était caché. La délation a été
faite par une vieille dame, voisine, que la famille pourtant
connaissait bien. Heureusement que son père a été prévenu.
Pendant l'interrogatoire, son père nie. Le responsable de police
finit par ne pas chercher plus loin.
D'après
M. Soury, il ne pouvait pas y avoir de résistant sans complice ou
personne peu zélée. A partir de là, Jean Soury devient agent de
liaison. L'objectif pour lui est de trouver des contacts, ce qui est
difficile. Il faut se méfier de tout et de tous. Son père
répondait: « Je ne connais pas cela », si quelqu'un lui
demandait des informations sur une possible résistance. Son père
allait aussi aux manifestations organisées par le régime de Vichy.
Jean
Soury résume ensuite ses premières actions de résistance par la
distribution de tracts. Que faire pour expliquer la situation de la
France et aller contre la propagande du système de Pétain, soutenu
par des gens dans la commune (-la Légion, des fidèles, anciens
combattants de la Première Guerre mondiale), sans compter les jeunes
qui devaient faire partis des associations ou qui étaient embrigadés
par les instituteurs qui leur faisait chanter « Maréchal, nous
voilà! ». Ce fut d'abord de la résistance civile.
Voici d'autres exemples d'engagements, que nous avons relevé au fil de nos recherches, lié aux refus de la défaite:
- Le Caporal Bernard Savary écrit une lettre à ses parents :
« Je ne devais pas accepter le régime hitlérien, placé sous les ordres de ce salaud.
Je ne veux pas certes mourir de honte alors que je peux faire quelque chose, une bien petite chose,
pour aider nos amis les Anglais [...] à gagner cette guerre pour permettre à la France d’être un jour libre
à nouveau. »
- Extraits du livre de Lucie Aubrac, « La résistance expliquée à mes petits-enfants » p.11 :
« Pétain, en signant, accepte les conditions des vainqueurs. Elles sont cruelles, déshonorantes et pour certains
inacceptables. »
p12 :« On comprend que les gens soient en colère! Toutes ces restrictions, ces interdictions,
c’est un vrai esclavage, cela donne envie de se bagarrer »