jeudi 29 mars 2018

-8- Remerciements











Nous tenons à remercier M. Soury pour nous avoir accordé 

son temps et avoir accepté de témoigner de son expérience.

Nous souhaitons aussi remercier toute l’équipe de Maillé 

pour nous avoir raconté la tragédie de ce village, 

et les personnes qui nous ont accueilli sur le site 

du camp de La Morellerie 

(M. Nevoit et un élu de Continvoir).
 

Un grand merci aux professeurs d’histoire de notre collège 

de nous avoir supervisé pendant ce concours national de la 

résistance.


Et enfin nous remercions les juges de prendre le temps 

d’évaluer notre travail.



-7- Sources

Sources qui nous ont permis la réalisation de ce blog:

Ouvrages:
- Résistance en Touraine et en région Centre n°4, septembre 2009 bulletin de l’association Eril  (études sur la résistance en Indre-et-Loire) CDDP 37 (Centre Départemental de Documentation Pédagogique d’Indre-et-Loire)
Informations trouvées dans la revue de 2011 de « Résistance en Touraine et en région Centre » N°6 « Pages 35 à 42 »
-Revue de 2011 "Résistances en Touraine et en Région Centre" n°6 (page 35 à42)
- C’était hier, la Touraine dans la guerre.Conseil général d’Indre-et-Loire, textes de Jean Chauvin , Jack Vivier et de Jeanine Labussière. Novembre 1991.

Sites internet:

-6- Devoirs de mémoire











Le devoir de mémoire est une façon de se souvenir des personnes qui se sont engagées pour défendre notre patrie.


C’est une forme de respect et de reconnaissance.


C’est aussi une manière de commémorer et d’honorer les enfants de la France morts aux combats.


Nous espérons que notre travail rentre dans ce cadre.





-5- Résistances aux alentours

Résistance aux alentours de Channay-sur-Lathan

(1940-1945)

 



Plusieurs actions de résistance pour la libération du département ont eu lieu autour de Channay. En voici trois exemples qui nous ont paru symboliques.

1) Lors de notre sortie scolaire à La Morellerie (Avrillé-les-Ponceaux), lieu d'un camp d'internement pour des nomades et communistes notamment, entre 1940 et 1941, nous avons appris que le directeur de ce camp, Jean Renard, aurait été un résistant préparant la libération. Un élu de la mairie de Continvoir et un membre de l'association de la Haute Barde nous ont fait part de leurs recherches sur cet homme, qui membre du réseau Buckmaster, était chargé de la récupération des armes notamment parachutées dans les alentours.


2) Un rapport officiel du 2 mai 1944 à Chinon, du Capitaine Dellac, Commandant de la Section de Gendarmerie de Chinon, au Préfet d'lndre et Loire. Dans la nuit du 28 au 29 avril 1944, "un cylindre en carton huilé, mesurant 2 mètres 50 de long sur 0 m 40 de diamètre et contenant 80 kilos de tracts est tombés (... ) sur la commune d'Ambillou (lndre et Loire)".



Cote AD Indre-et-Loire: 10W65/021

Document recto verso. NB.

3) En Indre-et-Loire, Jean Meunier est un résistant qui s'engage dans de multiples actions, notamment l'impression de tracts, de faux papiers, en tant qu'agent de renseignements et participe ensuite au mouvement Libération-Nord.

En effet, en avril 1943, à la demande d'Henri Ribière, des groupes militaires s'organisent, sous la responsabilité du colonel Marnet, ainsi que du capitaine Venien et du commandant André Bourgouin, dit "Balzac". Ce dernier prendra une place importante pour les résistants, puisqu'il deviendra le commandant des groupes FFI. 

Le 9 septembre 1943, après un parachutage à Semblançay, le transport des armes est intercepté par les Allemands et les arrestations déciment le mouvement (Marnet, Venien, Nay, Cherioux, Marcel Ballon). Toutefois, quelques éléments du mouvement Libération-Nord demeurent actifs, même dans tout le département. C'est Gabriel Feuillet qui reprend ensuite la tête du réseau.

En janvier 1944 est constitué, dans la clandestinité, le Comité départemental de Libération (CDL). Ce comité est à l'origine de nombreux tracts, comme celui-ci:


Tract "Paysans" signé du Comité départemental de Libération d'Indre-et-Loire, 1944. Ce tract incite les paysans à participer à la libération du territoire en gênant le ravitaillement des Allemands.

En juillet 1944, les armées alliées se rapprochent de la Touraine. Le CDL est en rapport aussi régulièrement que possible avec les différents maquis de la région. Mais, fin juillet, la liaison avec Paris et Londres se retrouve coupée, ce qui rend les choses très compliquées. Ainsi, en tentant de prendre contact avec l'état-major allié, Lucien Venisse et Jacques Laurent (issus du réseau Écarlate) sont abattus par les Allemands à Saint-Symphorien. 



Au delà de ces deux exemples, ce sont aussi plusieurs opérations qui sont organisées en août 1944 à Tours en lien avec l'avancée des troupes alliées qui libèrent petit à petit le territoire (cambriolage de la Gestapo, pose d'affiches, récupération d'armes…), toujours dans l'objectif de gêner l'occupant. 


Le 1er septembre 1944 enfin, les Allemands quittent la ville. Le CDL a bien préparé la libération et notamment la transmission administrative. Toutefois, dans leur retraite, les Allemands ont pu commettre des atrocités, comme le 25 août 1944, à Maillé. Nous avons eu la chance d'aller à la rencontre de M. Martin, qui a nous a raconté et expliqué le massacre de 124 habitants, si peu de temps avant la libération du territoire. Les actions des résistants du département nous apparaissent d'autant plus courageuses et nécessaires.



Quelques autres actions individuelles, que nous

avons découvert au fur et à mesure de nos 


recherches:


- Gaston Papin : a transmis vers la zone libre des

renseignements sur les unités de soldats 

allemande, leurs mouvements et leur armement...

- Maurice-Henri Genest : Agent 

de renseignements.



- Charles Dehaëne : Agent de renseignements 

aussi, comme par exemple la transmission de 


seaux de la préfecture pour créer des faux papiers


d’identité.



- l'abbé Péan, curé de Maillé, qui a favorisé le

passage de la ligne de démarcation à ceux qui 


avaient besoin de gagner la zone libre.



-Pierre Colela : 1941 : passage clandestin de 

courrier.




-3- Les différentes formes d'engagement


Les différentes formes d'engagement des résistants.

Dès la défaite de la France en 1940, une résistance s'organise. Elle est spontanée, individuelle, d'abord civile. Dans les premières actions, des résistants font évader dès l'été 1940 des prisonniers de guerre français. Les femmes y ont un rôle important: elles aident les évadés à se cacher dans les couvents, à les habiller, à les nourrir... 
Autre exemple, lié à la désobéissance face à des exigences allemandes: comme les armes sont réquisitionnées par les Allemands, certains français les dissimulent. Ainsi, M. Jean Soury, résistant que nous avons eu la chance de recevoir dans notre collège, nous a évoqué la dissimulation d'un révolver par son père: "Un jour, je rentre à la maison. Mon père tient une arme dans sa main. Il me dit qu'il faut la cacher. Nous décidons de la cacher dans la grange sous le foin."

Les premier tracts sont mis en circulation aussi très vite. Ils sont destinés à soutenir le moral des populations, à les informer, et à recruter les bonnes volontés. La distribution des tracts était très dangereuse. Selon M. Soury, on risquait la prison, voire "la guillotine". Pour déjouer cela, les résistants salissaient les tracts et faisaient comme s'ils trouvaient une feuille abandonnée. Autre exemple, M. Soury partait en vélo tard le soir, déposait des tracts dans les foires qui ouvraient le lendemain. Il lançait aussi en vélo des tracts sur son passage. 

A partir de la fin 1940, une 2ème forme de résistance apparaît. Celle-ci se tourne vers les armes et les sabotages. M. Martin, rencontré à la Maison du Souvenir de Maillé, nous a raconté qu'une fois, en rentrant un peu tard, en début de soirée, avec son père, ils ont croisés des hommes au bord de la voie ferrée. L'un d'eux leur a expressément demander de partir vite. Peu après, M. Martin se souvient d'avoir entendu une explosion. 

Les résistants s'organisent par petits groupent, multiplient les tracts, les écrits et les publications clandestines plus ou moins régulières.

Voici le parcours d'un résistant qui nous a marqué par son engagement pionnier et son investissement ultérieur: l'Abbé Carlotti (voir sur ce blog la biographie de l'abbé) s’engage dans la Résistance, tend la main aux prisonniers évadés, participe activement à la constitution d’un réseau d’évasion pour les aviateurs alliés dont les avions ont été abattus. En 1942, il compte parmi les membres de la section Cohors-Asturies crée par Christian Pineau et Jean Cavaillès.



A partir de 1943, la résistance s'organise et s'unifie par le haut, au niveau régional et national. Jean Moulin, délégué du général De Gaulle en France, réunit les principaux représentants de la résistance au sein du Conseil national de la résistance, le 27 mai 1943 a Paris. En 1944, il y a une accélération des actions locales de Forces Françaises de l'Intérieurs (FFI). L'Allemagne entreprend une lutte a mort contre les Résistants qu'on appelle "les terroristes" (comme y fait référence ce billet trouvé près de civils à Maillé).

Billet retrouvé lors du massacre de Maillé le 25 août 1944 (affiché à la Maison du Souvenir).



        

     
        
    

-2- Biographie de l'abbé Noël Carlotti

Informations trouvées dans la revue de 2011 de « Résistance en Touraine et en région Centre » N°6 « Pages 35 à 42 » et sur le site http://www.resistance-corse.asso.fr/fr/mediatheque/biographies/c1/

Le Chanoine Noël Carlotti, résistant de Channay-sur-Lathan

( Né le 28 Octobre 1900 à Pietroso « Corse » 
et décédé à l’hôpital de Bretonneau de Tours en 1966 à 66 ans )


  • Noël Carlotti est ordonné prêtre en 1925, puis vicaire en 1929, et finalement il devient le curé de Channay-Sur-Lathan en 1932.

  • Il est mobilisé en Algérie en 1939 comme aumônier, puis renvoyé dans sa paroisse en 1940 avec le grade de capitaine.

  • Il entre réellement en résistance en septembre 1942 et rejoint le réseau Cohors-Asturies le 7 septembre 1943 sous un pseudonyme, rendu nécessaire par la clandestinité: "Nulla Cosa" qui veut dire en corse « aucune importance ».

Quels sont les actes de résistance auxquels participent l'abbé Carlotti ? Ils sont nombreux et variés, ce qui rend son parcours impressionnant, quel courage ! Plusieurs de ses interventions ont directement participé à la libération de la Touraine, sans compter celles qui ont été liées à l'entraide.
  • La principale activité du réseau est de rassembler des informations, surtout pour Tours et particulièrement sur les mouvements de troupes (transports de marchandises et de ravitaillement pour les armes).
  • L'abbé poursuit son action en résistance en trouvant de nouveaux résistants (d'autres religieux, son beau-frère ... ).
  • Il se renseigne sur les trains de Saumur, les dépôts de vivres et de munitions de Cinq-Mars-la-Pile, les convois allemands, les escadrilles de Parçay-Meslay et le dépôt de bombes de Chatenay.
  • Il participe aussi à la récupération de parachutages et aide au passage de la ligne de démarcation. Les informations récupérées permettent de bombarder (avec l’aviation alliée) les sites repérés. Il homologue les terrains de parachutage de Saint-Laurent-du-Lin et de Lublé.
  • Son réseau détruit le convoi de Château-du-Loir. 
  • Il cache deux parachutés « chargés de missions » jusqu’à leur départ, des prisonniers (il leur donne également des faux papiers) et des réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire). Il leur trouve du travail avec des hôtes bienveillants. Il recueille et soigne des aviateurs alliés qui sont ensuite en route pour l'Espagne ou l'Angleterre.  
  • Le chanoine Noël Carlotti possédait une petite imprimerie dont il tire des tracts incitant au sabotage ou dénonçant des collaborateurs tourangeaux (un millier de tracts sont ainsi faits en 1943). Il est ensuite aidé de Jacques Blanco pour les distribuer (qui organise des navettes entre Channay-sur-Lathan et Tours). Il fabrique aussi des faux papiers d’identité, militaires, et des faux certificats de démobilisation. Il a été sollicité pour aider à des émissions radios clandestines à Londres !


Le danger permanent de la Gestapo: 
Les réseaux de résistance sont traqués sur tout le sol national par la Gestapo. Louis Pons se retrouve dénoncé par des agents doubles alors qu’il fournit de faux papiers à un réfractaire au STO en relation avec un membre de la Gestapo de Tours. Il parvient à s’enfuir mais le Père de la Perraudière est arrêté en pleine nuit. Un dirigeant du réseau, François Rochas-Barnariat est aussi arrêté. Il dit qu’il connaît tous les membres du réseau. Les arrestations se multiplient tout le long de l’hiver 1943-1944 dans le groupe de Tours. François Rochas-Barnariat est déporté et décède en déportation. Jacques Blanco est arrêté ainsi que l’abbé Lhermite, curé d’Esvres. 

Le chanoine Carlotti doit lui aussi être sur ses gardes, il se méfie et accueille la Gestapo qui fait irruption de 8h à 12h30 dans son presbytère. Il nie tout et la Gestapo repart sans rien. Il avertit immédiatement le réseau. Il est réinterrogé plusieurs fois le 26 janvier 1944 (arrêté puis relâché pour fautes de preuves) puis le 28 mars 1944. A 7h30, il est prévenu par une paroissienne, ce qui lui donne le temps de cacher son neveu réfractaire au STO et les faux papiers d’identité. Toutefois, il est arrêté puis renvoyé au siège de la Gestapo, mais il lui reste des faux papiers qu'il n'a pas eu le temps de dissimuler, qui le mettent en danger lui et un prisonnier. Faisant preuve de courage et de ressources, l'abbé fait semblant d'avoir mal au ventre et cache discrètement les papiers derrière une plaque de plâtre lorsqu’un officier l’accompagne pour sortir.

L'abbé est à nouveau interrogé, sur diverses choses (bombardement de Saumur, poste émetteur renseignant Londres, etc...). Il est ensuite fait prisonnier au sous-sol où il passe la nuit avec le Père de la Perraudière. Le lendemain, il est interrogé une nouvelle fois mais l’interrogatoire est plus musclé. Plusieurs questions et sujets sont abordés: le fait que 17 des jeunes hommes de sa paroisse ne soient pas partis au STO, les terrains d’atterrissage de parachutes autour de Channay... L’abbé se retrouve ensuite confronté à Louis Pons qui n’a pas été exécuté et qui affirme les actions de résistance de l’abbé, notamment son intervention dans la préparation des terrains de parachutage. L’abbé nie tout et Louis Pons est alors frappé, jusqu’à en perdre connaissance. Cette fois-ci, les Allemands ne le laissent pas partir: l’abbé est envoyé dans la prison Henri-Martin à Tours pour deux mois. Il y est régulièrement battu et doit y être fusillé. Au final, il n’est pas fusillé mais envoyé dans le camp d'internement de Royallieu (dans l'Oise).


Mai-juin 1944: L'abbé Carlotti est interné, déporté, mais essaie de continuer sa résistance.
Dans le camp de Royallieu, à Compiègne, l'abbé prépare une évasion mais se retrouve séparé de ses coéquipiers qui s’évadent sans lui. De fait, il est déporté en camp de concentration, en Allemagne, au sud-est d'Hambourg. Le 7 Juin 1944, il arrive à Neuengamme et entre dans un camp gardé par les SS.
Durant sa déportation, il donne le moral aux autres pour ne pas perdre le sien, dans ce processus de déshumanisation mis en place par les Nazis. Il devient 34316, un numéro, et n’est plus Noël Carlotti officiellement. Il doit effectuer des travaux forcés, et peine à se reconnaître tellement les déportés changent physiquement. 

L'abbé Carlotti est affecté au camps de Watenstedt, dans les usines d'Hermann Goering. Il doit y fabriquer des obus et d’autres bombes pour les armées allemandes.
Sa situation se dégrade en octobre 1944, car la pluie arrive, le froid aussi, ainsi que de longues marches à pied. C'est très dur physiquement. L’usine est bombardée en janvier 1945, mais les détenus n’y sont alors pas. Malheureusement pour eux, ils doivent entièrement la reconstruire sous les coups de leurs gardes. 
L’abbé continue tout de même son devoir d’abbé en commémorant tous ses camarades défunts. Watenstedt est évacué le 7 avril 1945 mais le voyage de retour dure 6 jours et les conditions sont atroces . Certains n’y survivent pas: ce sont des marches forcées et violentes. 
L'abbé découvre un nouveau camp, un camp horrible, d'où les survivants seront rares. Les déportés ne sont pas nourris et certains ont même recours au cannibalisme pour survivre. Fin avril, les derniers subissent à nouveau une longue marche vers la Baltique (150kms, dans des conditions abominables).
Ce sont enfin des chars américains qui parviennent à mettre un terme à ce calvaire: les soldats alliés désarment les SS qui leur laisse les derniers détenus qui ont survécu par miracle. Ils sont « remis en état » avant d’être rapatriés le 6 mai. L’abbé reste lui avec les agonisants.

Suite à cette déportation particulièrement longue et difficile, l'abbé Carlotti a énormément de mal a être réadapté à la vie normale suite aux expériences qu’il a vécu. Néanmoins, il devient tout de même porte-parole des déportés. Après 2 mois de repos en Corse, il est nommé à Esvres-sur-Indre en remplacement de l’abbé Lhermite décédé en déportation. Il y poursuit ses activités telles que l’enseignement ou le sport dans cette commune moins politisée.
Surtout, ses activités au sein des associations d’anciens déportés prennent de l’ampleur et il fait de nombreux voyages dans toute la France. Il est à la tête du Comité d'épuration de 1945 qu'il quitte en 1950, mais ensuite, il continue à défendre la mémoire de ceux qui se sont engagés à ses côtés.

Il a été nommé commandeur de la légion d’honneur et médaillé de la résistance.
Une rue porte son nom à Fondettes.


Il meurt le 19 janvier 1966 à Tours et est inhumé le 8 août dans son village natal (Pietroso).

Ce parcours vécu par Noël Carlotti nous a particulièrement marqué, ému, et correspond à un moment fort de nos recherches: il illustre l'engagement, les différentes formes d'actions, les risques et les violences qu'ont subis ceux qui ont défendu la France et qui ont participé à la libération des territoires sur lesquels nous vivons aujourd'hui.

1- Présentation de Channay-sur-Lathan 1939-1945






De 1939 à 1945, la Seconde guerre mondiale touche toute la 

France, y compris Channay-sur-lathan.

Ce village se trouve aujourd'hui en région Centre-Val-de-Loire,

plus précisément en Indre-et-Loire près de Tours.

En 1939, il y avait aux alentours de 900 habitants. Ceux-ci  

connaissent la mobilisation de quelques uns d'entre eux.

En 1940, ils assistent, impuissants à la débâcle de l'armée 

française, puis à l'exode de milliers de civils sur les routes, qui 

fuient l'avancée des armées allemandes. 

Ainsi, M. Nevoit, que nous avons rencontré cette année 

lors de notre sortie au camp d'internement de La Morellerie 

(Avrillé-les-Ponceaux), habitant vers Gizeux, nous a raconté les

 foules sur les routes dont il se souvient: ces personnes qui étaient 

parties avec peu d'affaires et qui marchaient longtemps, 

les enfants qui pouvaient avoir perdu leurs parents...

Ensuite, M. Nevoit nous a décrit l'occupation: des soldats 

Allemands, qui s'installent dans les maisons. Leur présence n'est 

pas confortable, mais leur comportement correct. Il nous a aussi

évoqué les conditions de vie difficiles (tickets de rationnement).


Entre août et septembre 1944, Channay et les communes aux 

alentours sont libérées, notamment avec l'avancée des armées

alliées, et grâce à l'action d'hommes et de femmes, qui ont résisté.


mardi 27 mars 2018

-4- S'engager pour libérer la France

M. BARRIER: à travers son témoignage, qu'il a livré à plusieurs reprises dans notre collège, notamment en 2011, nous avons découvert un parcours précis d'engagement dans la résistance.

Mr Barrier, en 1940-1941 :

- a 18ans;
- habite à côté d'Angers;
- a vu certains de ses camarades arrêtés (militants syndicaux et militants politiques);
- se souvient du soulagement dans la population en juin 1940, quand Pétain signe l’armistice;
- évoque les 1 500 000 prisonniers français;
- insiste sur une phrase clés dans sa volonté de devenir résistant:  « Il a fallu réveiller les esprits », en écrivant, en informant;
- ses premiers écrits sont fait en douce, à l’imprimerie où il travaille: « La guerre n’est pas finie, on a des tickets d’alimentation, que les Allemands n’ont pas respecté, ils mangeaient toutes les pommes de terre. » / « Il faudra se battre pour d’abord, obtenir un meilleur ravitaillement, et puis ensuite se battre pour retrouver la liberté . »
- n'aime pas le couvre-feu imposé par les Allemands dans la zone occupée qui l'empêche de retrouver sa petite copine;
- a distribué des tracts: petits papiers collés sur les gouttières ou sur les portes puis des tracts et des textes pour expliquer la situation et dire pourquoi la guerre continuait.
- petit à petit, il s'engage dans la résistance avec les armes, à partir de 1941, mais c'était difficile de faire ce choix, car l’armée allemande faisait pression sur les civils en utilisant des otages en représailles.

- 1941, Mr Barrier a failli être arrêté, il se cache à Paris;
- a tenté de passer en Espagne pour rejoindre l’Afrique du Nord, mais se fait arrêter.
- En prison dans les Pyrénées;
- puis dans un camp d’internement à Choiseul;
- puis il est déporté à Buchenwal, camp de concentration en Allemagne.





M. Soury nous a fait l'honneur de nous livrer son témoignage le 18 janvier 2018:


Jean Soury est devenu résistant très jeune, à l’âge de 15 ans, d’abord comme agent de liaison (« dans un pays sans liberté » où la communication est nécessaire mais très compliquée).
Ses actions de résistance ont eu lieu dans le Limousin (zone non occupée). Il a notamment participé à la libération de Limoges, d’Angoulême, de Saintes et de Royan (où il a été blessé).

Son entrée dans la résistance est liée à son père, qui le 01/01/1941 a été contacté par d'autres résistants, du moins des personnes qui voulaient faire quelque chose. Toutes ces personnes qui essaient d'agir ne seront rassemblées, organisées qu'avec Jean Moulin et la mise en place du CNR (conseil national de la Résistance).
Les relations avec son père sont très froides, ils s'entendaient peu.
Un jour donc, son père l'appelle. Sur la table de la cuisine est posé un revolver avec des balles. Son père s'occupe de le graisser. Son père lui explique qu'il faut cacher cette arme et que s'il lui arrive quelque chose, quelqu'un viendra la chercher. Jean Soury lui demande comment il saura à qui la donner, son père lui dit que la personne qui viendra sera forcément cette personne à qui le donner.
L'arme et les munitions sont cachées dans une boîte en fer, puis celle-ci dans un bout de grange, sous de la sciure de bois. Toutefois, quelques temps ensuite, l'adjudant de gendarmerie vient trouver son père pour lui dire qu'il a été dénoncé, et la police de fait vient et perquisitionne pile où c'était caché. La délation a été faite par une vieille dame, voisine, que la famille pourtant connaissait bien. Heureusement que son père a été prévenu. Pendant l'interrogatoire, son père nie. Le responsable de police finit par ne pas chercher plus loin.
D'après M. Soury, il ne pouvait pas y avoir de résistant sans complice ou personne peu zélée. A partir de là, Jean Soury devient agent de liaison. L'objectif pour lui est de trouver des contacts, ce qui est difficile. Il faut se méfier de tout et de tous. Son père répondait: « Je ne connais pas cela », si quelqu'un lui demandait des informations sur une possible résistance. Son père allait aussi aux manifestations organisées par le régime de Vichy.

Jean Soury résume ensuite ses premières actions de résistance par la distribution de tracts. Que faire pour expliquer la situation de la France et aller contre la propagande du système de Pétain, soutenu par des gens dans la commune (-la Légion, des fidèles, anciens combattants de la Première Guerre mondiale), sans compter les jeunes qui devaient faire partis des associations ou qui étaient embrigadés par les instituteurs qui leur faisait chanter « Maréchal, nous voilà! ». Ce fut d'abord de la résistance civile.




Voici d'autres exemples d'engagements, que nous avons relevé au fil de nos recherches, lié aux refus de la défaite:

  • Le Caporal Bernard Savary écrit une lettre à ses parents  :

« Je ne devais pas accepter le régime hitlérien, placé sous les ordres de ce salaud. 
Je ne veux pas certes mourir de honte alors que je peux faire quelque chose, une bien petite chose, 
pour aider nos amis les Anglais [...] à gagner cette guerre pour permettre à la France d’être un jour libre 
à nouveau. »    

  • Extraits du livre de Lucie Aubrac, « La résistance expliquée à mes petits-enfants » p.11 :

« Pétain, en signant, accepte les conditions des vainqueurs. Elles sont cruelles, déshonorantes et pour certains
 inacceptables. »

p12 :« On comprend que les gens soient en colère! Toutes ces restrictions, ces interdictions, 
c’est un vrai esclavage, cela donne envie de se bagarrer »